Les icônes gays ! L’incontournable débat, qui l’est ? Qui ne l’est pas ? Les « gay en manque de culture » ont souvent tendance à s’approprier toutes les chanteuses avec une voix fluette de la planète (jolie rime n’est ce pas ?). Malheureusement beaucoup appartiennent au genre « chanteuse pour adolescentes pré-pubères ». Malgré tout il existe clairement certains artistes qui sont devenus de véritables symboles de la culture gay-friendly. On comptera parmi ces artistes Madonna, Elton John, Dalida, Sharleen Spiteri, Mylène Farmer, Kylie Minogue, George Michael et d’autres que j’oublie et que je ne connais pas.
La question que je me suis posée est la suivante : est ce qu’Ayumi Hamasaki est une icône gay ?

Les artistes cités précédemment ont de nombreux points communs. Une « icône gay » pourrait alors se définir selon 10 critères suivants :
Critère n°1 : être une femme, c’est mieux.
Critère n°2 : être une super pop-star dans son pays ou à l’international
Critère n°3 : avoir explosé des records de ventes
Critère n°4 : ne pas savoir chanter
Critère n°5 : être très féminine et/ou ultra branchée
Critère n°6 : avoir émis un doute sur sa sexualité
Critère n°7 : avoir quelques chansons canons dans son répertoire
Critère n°8 : avoir une dizaine d’années de carrière
Critère n°9 : être belle et glamour, quitte à être refaite
Critère n°10 : c’est mieux si elle a touché à un autre art (cinéma, théâtre, peinture, écriture…)
En conclusion, devenir une icône gay requiert certaines exigences qui ne sont pas à la portée de tous les artistes. Même si certains critères se recoupent, comme par exemple, avoir dix ans de carrière et avoir explosé des records, ça reste une performance difficile.
Mais qu’en est-il d’Ayumi Hamasaki ?
Étudions chaque critère de manière objective les uns après les autres :
Critère n°1 : est-elle une femme ? Certaines mauvaises langues diront que non mais si c’est bien une femme.
Critère n°2 : est-elle une super pop-star ? Bien sûr c’est une super pop-star dans son pays et même à l’international depuis déjà plusieurs années. C’est même pour moi la plus grande star au Japon, on l’annonce détrônée tous les ans depuis dix ans mais au final il ne reste toujours qu’elle sur le podium.
Critère n°3 : a-t-elle explosé des records ? Que ce soit des records de vente ou de salles remplies ou de chiffres d’affaires, les chiffres parlent d’eux même, inutile de s’étendre sur le sujet, c’est une véritable femme d’affaires.
Critère n°4 : a-t-elle des notions de chants ? ici rien à dire, en témoigne les lives quasiment tous faux.
Critère n°5 : Ayumi Hamasaki est-elle branchée ? La Diva « made in Asia » a été l’égérie de grandes marques de cosmétique comme Kosé et même la figure de la maison de haute couture Christian Dior en Asie. De plus elle a créé sa propre marque et ligne de vêtements.
Critère n°6 : a-t-elle émis un doute sur sa sexualité ? Que ça soit par RAINBOW, par GREEN, ou encore le best of A BALLADS, je pense que tout le monde s’est déjà posé au moins une fois la question.
Critère n°7 : a-t-elle de bonnes chansons à son répertoire ? Ca n’est pas moi qui dirais l’inverse, mais objectivement on ne compte plus le nombre de singles primés de la chanteuse nippone. Elle croule sous les récompenses au Japon et possède même un MTV Asia Award. Que ça soit Memorial address, Heaven, Bold&Delicious, Laidies Night, Connected, And Then… ou bien d’autres, on compte de bonnes chansons dans sa discographie.
Critère n°8 : a-t-elle dix ans de carrière derrière elle ? Il n’y a pas encore si longtemps elle fêtait ses dix ans de carrière.
Critère n°9 : est-elle glamour et belle ? Chacun est libre d’en juger. Cependant un récent sondage, indispensable à la société japonaise, à démontrer qu’elle plaisait malgré sa trentaine entamée. La question posée à des adolescents japonais entre 15 et 20 ans était la suivante : quelle est selon vous la petite amie idéale ? Malgré ses 10/15 ans de plus que les sondés elle arrive en troisième place. Je noterai qu’elle a également 10 ans de plus que les deux premières.
Critère n°10 : a-t-elle touché à d’autres arts ? La carrière de la chanteuse a débuté au cinéma, cinq longs métrages figurent dans sa filmographie qui sont, au passage, gracieusement appréciés par les critiques locales.

En apparence le contrat semble bien rempli. Pourtant on ne connait pas Ayumi Hamasaki comme icône gay.
Comment expliquer qu’un si fort potentiel d’icône gay ne soit pas exploité ?
Je pense qu’Ayumi Hamasaki est bien l’icône gay par excellence au Japon et même dans toute l’Asie. C’est juste que la culture gay-friendly est beaucoup moins présente en Asie qu’en occident.
Par exemple, la gay pride de Tokyo compte moins de participants que celle de Paris, pourtant Tokyo est la plus grande ville du monde et compte quatre fois plus d’habitants que Paris. L’homosexualité est beaucoup plus discrète au Japon qui est un pays ancré à droite avec des valeurs ultra-conservatrices.
Pour terminer, Ayumi Hamasaki est donc bien l’égérie des homosexuels asiatiques, c’est la culture gay-friendly qui semble plus modérée.