Archive for Jpop

Love Songs – Ayumi Hamasaki

« Loves songs » est déjà le douzième album de la reine de la Jpop, Ayumi Hamasaki. Après une carrière couronnée d’un succès incontestable, la chanteuse la plus célèbre d’Asie voit ses ventes s’essouffler. Pour autant, son avenir dans la chanson ne semble pas menacé.

Cet article a pour but d’émettre un avis sur la qualité de « Love songs » et non sur ses ventes, qui feront l’objet d’un prochain article.

Nous comptons pas moins de seize pistes sur « Love songs ». Un opus qui se veut donc généreux, les fans n’auront pas à se plaindre d’un album court (une dizaine pistes), seulement faut-il encore que cette quantité ne se fasse pas au détriment de la qualité et c’est précisément ce qui fait défaut sur « Love songs ».

Pour commencer la demoiselle a une fois de plus délaissé la composition. Ses mélodies joyeuses et marquantes, à l’origine de son succès et de certains de ses plus gros tubes, nous manquent. « Love songs » est un album qui n’est ni mauvais ni original. Il est difficile de saisir l’essence même de cet album à l’écoute de simples balades comme « Moon » ou « Crossroad » sur lesquelles on repère la délicate griffe d’Ayumi Hamasaki, mais moins le travail précurseur auquel elle nous a habitué. La formule habituelle piano, violon et guitare sèche ou électrique est chiatique. Impossible d’apprécier des pistes comme « Blossom » ou « Sweet Season » si l’on connait déjà la discographie de la chanteuse. C’est du réchauffé de mélodies réutilisées, d’idées anti-novatrices, en témoigne la vulgaire accélération de l’arrangement piano de « Criminal » (« (miss)understood ») pour celui de « sending mail ». Même les interludes (« Aria » et « ouverture ») qui ont toujours fait la fierté de la chanteuse grâce à leur modernité semblent fades. Néanmoins certaines pistes ressortent de l’album. « Last Angel » présente un accompagnement electro quasi techno complètement ringard. Décevant. « Like a doll » est sans doute le meilleur titre de « Love songs » : entrainant et même surprenant l’arrangement clavier, violons et harpe confère une fraîcheur à la piste. Moderne elle fait tout de même référence à des sonorités très 90s. « November » est aussi un bon exemple de ce mélange à la fois innovant et intergénérationel avec une inspiration 80s accentuée par des claviers et un rythme imposé par une batterie. C’est aussi une bonne surprise de « Love songs ». « Virgin Road » est émouvante et touchante, elle compte également parmi les meilleures pistes de cet opus et bénéficie d’un lyrics attachant. « Love song » est pétillante et vive, la mélodie est audacieuse et nous pourrons apprécier les efforts vocaux de la chanteuse. L’inspiration semble avoir manqué sur cet album. Plusieurs tracks qui débutaient très bien sont plus ou moins gâchées par des refrains pauvres, « do it again », « sending mail » et « Thank U ». Cependant elles restent des pistes majeures de « Loves songs » et mettent en avant un travail rythmé et très intéressant. Enfin, « insomnia » aurait mérité de ne pas être une interlude. C’est une piste intrigante et élégante qui aurait pu faire un très bon single.

 

 

 

« Love songs » malgré son manque d’originalité sauve les meubles grâce à une poignée de pistes intéressantes. Nous noterons la qualité des PV (Promotional Video) et apprécieront les premiers essais d’Ayumi Hamasaki à la réalisation. La chanteuse nous cache encore nombre de ses talents. Nous avons particulièrement apprécié ses progrès en chant. Finalement ce dernier opus est plutôt réussi mais on attend plus de travail et d’avant gardisme de la part d’artistes comme Ayumi Hamasaki.

For the World – Big Bang

« For the World », un EP qui date de 2008 du célèbre groupe coréen Big Bang. Produits et formés par l’agence YG entertainment, G-Dragon, T.O.P., Taeyang, Daesung et Seungri sont de jeunes et séduisants garçons qui sont montés rapidement au grade de super stars sur tout le continent asiatique. Issu de la musique dite « commerciale » (mais qui n’en ai pas pour autant forcément de mauvaise qualité), le groupe est clairement influencé par la World music et le Hip Hop américain. Dès lors, nous pourrions penser que c’est une mauvaise copie de groupes américains plus célèbres et pourtant les coréens ont réussi à se différencier et à apporter une fraîcheur unique qui réside principalement dans le timbre de leurs voix et dans leur approche de la musique.

L’EP japonais, classé 10ème au TOP de l’Oricon, s’ouvre sur une intro Hip Hop entrainante qui donne le ton des sept pitses qui vont suivre toutes interprétées en anglais. Nous noterons à ce sujet la parfaite prononciation de l’anglais des membres de Big Bang. Ce mini album est une sélection des meilleurs titres du groupe. Le rythme prend facilement sur des sonorités Hip Hop avec des jeux de voix comme sur « Big Bang » ou « La La La ». « So Beautiful » et « Always » sont deux pistes dignes de devenir des tubes de World Music Internationale. « Together Forever » est la ballade R’n’B typique et banale sans originalité aux lyrics complètement stupides et sans intérêt, accentués par un anglais qui se prête facilement aux mélodies.

L’objectif est atteint, c’est un EP parfait qui répond exactement à la demande analysée en amont sur le marché musical asiatique. C’est un concentré de pistes motivantes qui s’écoutent facilement. Daesung est sans hésiter le meilleur chanteur du groupe, nous apprécierons aussi l’originalité de la voix de G Dragon ainsi que les performances en rap de T.O.P. L’aisance de Taeyang en danse est remarquable et la jeunesse de Seungri apporte un regard et une fraîcheur au groupe. Ainsi chaque membre a une place et un rôle bien défini au sein du boys band. Si bien qu’il est nécessaire de souligner le remarquable travail de l’agence chargée de recruter les membres du groupe encore adolescents à l’époque, de les former en danse, chant et théâtre. La précision avec laquelle le casting a été mené amène plusieurs typologies de fans à apprécier Big Bang, « chacun y trouve son bonheur ».  L’agence ne subit pas la crise du disque puisqu’elle a compris qu’il fallait miser sur l’image et plus sur les ventes de disques condamnées par le téléchargement. Le groupe se caractérise par un style précis, élégant et ultra tendance. De plus, les membres de Big Bang sont aussi des stars du petit écran puisqu’ils ont tous un rôle dans des dramas (séries asiatiques). Ainsi l’agence produit peu de disques mais énormément de goodies et produits dérivés aux marges confortables. Une fois que les fans sont conquis…

Toutefois, nous avons bel et bien à faire à de véritables interprètes qui font un travail colossal pour chanter et danser comme leurs idoles américaines, tout en apportant une touche d’Extrême Orient, ce qui fait rire « jaune » les chanteurs originaux et leur maison de disques, déclassés par leurs propres doubles en Asie. Ce type d’album reste cependant intéressant sur le plan artistique : entrainant, énergique et surtout convainquant. Bien que le style soit fortement inspiré des succès américains, il en ressort une originalité qui démarque et perfectionne les titres de Big Bang.

Rock’n’roll Circus – Ayumi Hamasaki

Dernier opus en date de la reine asiatique de la pop : “Rock’n’Roll Circus.” La diva japonaise s’est offert le luxe d’enregistrer son dernier album dans la capitale mondiale du rock : Londres. Ayumi Hamasaki reste fidèle à son équipe et on retrouve les signatures habituelles sur cet album.
Il était clair que « Next Level » (voir plus bas) marquait un tournant dans la carrière d’Ayumi Hamasaki. La chanteuse fêtait ses dix ans de scène et passait dans une nouvelle phase de sa carrière. Soit elle devenait une icône internationale de la musique en Asie (ce qui est clairement la stratégie d’Avex Trax, sa maison de disque) soit les ventes continueraient de baisser jusqu’à sa disparation. J’attendais cet album avec beaucoup d’impatience pour connaître la direction de la carrière de la reine de la Jpop.

Un titre rock, une pochette rock magnifique, des PV sublimes et pourtant peu de pistes « rock ». C’est ma première déception. La mauvaise impression de se faire arnaquer. On relève quelques pistes pop soutenues par quelques guitares électriques qui masquent grossièrement un album pop à l’écoute de « Microphone » ou « count down ». Malgré leur ridicule rockitude elles restent néanmoins des pistes intéressantes. Une fois avoir mis le mot « rock » de côté on peut commencer à l’apprécier.

L’originalité de cet album réside selon moi dans le titre « don’t look back » aux inspirations orientales. C’est une véritable surprise et un plaisir de voir que malgré les années Ayumi Hamasaki est toujours capable de nous surprendre. Le mélange du japonais et des sonorités chaudes du Moyen-orient est assez réussi. Côté ballade j’ai tout simplement apprécié « BALLAD », son charme, sa tendresse et sa douceur. Cette piste aux sonorités plus traditionnelles possède une véritable âme issue du pays du soleil levant. La mélodie est percutante et harmonieuse. J’ai aussi apprécié les guitares sèches et la rythmique entrainante de « Last Links » et l’énergie de « Lady Dynamite ». « Sexy Little Things » est sans hésiter la meilleure piste de l’album. Le PV est magnifique et la composition est éclatante de talent. La mélodie est rétro et retravaillée sur des arrangements electro. Ayumi Hamasaki s’est trouvée dans un style qui lui convient à la perfection. Sa voix colle aux thématiques de cette piste qualitative digne d’une reine de Pop music.

Rock’n’roll Circus est un album qui manque tout de même de fraîcheur. On repère des pistes qui manquent cruellement de nouveautés comme « Sunset » ou « meaning of love ». De véritables réchauffés de titres déjà présents sur des albums précédents.


Dans cet album on notera la volonté d’Avex Trax de faire d’Ayumi Hamasaki une icône de la pop. Dans le PV de « Lady Dynamite », ultra gay friendly, on sent le désir de faire d’Ayumi Hamasaki une légende de la pop à l’image de Madonna qui est l’icône gay n°1 dans le monde. Malgré tous leurs efforts la chanteuse a beaucoup de mal a conserver sa couronne de reine de la Jpop. Sa carrière semble s’essouffler au rythme des ventes de disques très moyennes qui ne sont pas seulement dues à la conjoncture économique actuelle. Selon moi « Rock’n’roll Circus » témoigne plus du manque de souffle dans la carrière d’Ayumi Hamasaki que de la puissance musicale d’un disque d’une reine de pop music. L’album se classera tout de même directement à la première place de l’Oricon. Sa couronne a peut être ternie mais la madonne japonaise  la garde fièrement sur sa tête.

NEXT LEVEL – Ayumi Hamasaki

vertLe dernier album de la Reine de la Jpop commençait à se faire attendre. NEXT LEVEL, toujours produit par Avex Trax, fait directement son entrée au top de l’Oricon comme le veut la tradition des albums d’Ayumi Hamasaki.
J’attendais avec impatience cet album car selon moi ça devait être le plus important de toute sa carrière. C’est un véritable tournant dans la carrière d’Ayumi Hamasaki. En effet la génération de fans conquises en 10 ans par I am et bien d’autres est peut être en train de s’essouffler. Pour devenir une légende, la star n°1 du Japon devra conquérir de nouvelles générations de fans. C’est pourquoi je pense qu’Ayumi Hamasaki est soit au milieu de sa carrière soit à la fin. Tout ce jouait donc sur ce fameux NEXT LEVEL, qui portait très bien son nom ! Pour cela il fallait battre des records de ventes, de qualité et d’originalité ! Pari difficile, peut être un peu trop. La sélection de Rule comme bande originale du blockbuster américain Dragon Ball Evolution alimentait la rumeur d’un éventuel début de carrière internationale et renforçait cette idée de NEXT LEVEL.

NEXT LEVEL COVER

L’album s’ouvre sur une introduction intéressante, Bridge to the sky. Lorsque je l’ai entendu j’ai tout de suite pensé à Everlasting Dream de Rainbow. Un éventuel retour aux sources ? Possible. L’album s’annonce donc plus électro ce qui tranche bien avec GUILTY, le précédent. On découvre ensuite la piste qui porte le nom de l’album, NEXT LEVEL. Une piste entrainante qui ne tire peut être pas tout de suite son épingle du jeu. Pourtant après plusieurs écoutes on se rend compte que c’est tout de même un titre original, très ayumesque et qui porte bien son nom. Du côté du PV c’est le célèbre Luis Hernandez qui assure le clip. On lui doit déjà d’autres PV de la reine de la Jpop. A chaque fois on relève le même problème, c’est sans doute très beau et très bien filmé mais les scénarii pêchent… Je fus envouté par des bons singles comme Sparkle ou GREEN qui sont selon moi les meilleurs pistes de l’album. Je ne m’attarderais pas longtemps sur les PV qui sont simplement magnifiques. L’un où Ayumi Hamasaki est juste splendide et l’autre a l’ambiance très lesbienne où je reconnais bien l’originalité de cette artiste. J’ai été agréablement surpris par Disco-munication. Dès le départ le titre m’intriguait. C’est une interlude mais quelle interlude !!! C’est une piste vraiment intéressante et très travaillée aux ambiances jeux vidéos avec le son de Mario qui grandit (comment le dire autrement ? De toute façon je suis certain que vous voyez ce que je veux dire !!! ) un clin d’oeil au titre de l’album qui fait également référence aux jeux-vidéos. Une véritable inspiration 80s/90s pour une piste qui en vaut vraiment la peine. La troisième piste est donc encore une interlude. C’est pour moi précisément le plus gros défaut de NEXT LEVEL : il y a trop d’interludes. Quatorze pistes mais quatre interludes ce qui nous laisse dix titres, on reste un peu sur notre fin. De plus ces interludes ne sont pas forcément les bienvenue parce que trop banales (Load of the SHUGYO et Pieces of SEVEN). En revanche, Rollin’ est une piste intrigante très électro où Ayumi Hamasaki chante dans un tuyau (technique qui lui vient de Daft Punk). L’introduction de cette chanson tranche bien avec le reste ce qui crée un véritable effet de surprise. Elle alimente son répertoire de nouveautés même si ça n’est pas très innovant en soi. Pendant l’introduction d’EnergizE j’ai cru que toute la chanson serait en anglais. J’ai été un peu déçu ça aurait été sympa d’avoir une piste entièrement en anglais. Bien que choisie comme la bande originale de Dragon Ball Evolution, Rule n’est pas extraordinaire, en particulier à côté de Sparkle qui l’accompagne sur le single. Love’n'Hate est une piste originale dans la discographie de la diva de la Jpop. Un titre sur lequel on retrouve des inspirations R’n'B qui n’ont pas forcément leur place sur l’album et qui rendent l’album moins cohérent. Cependant le R’n'B est sans doute ce qui rapporte le plus de fric aux maisons de disques, alors tant qu’a faire pourquoi ne pas l’avoir sortie en single ? Peut être le ridicule des lives. Il faut le reconnaître ce n’est sûrement pas un style qui mettra Ayumi Hamasaki en valeur. NEXT LEVEL comporte, comme beaucoup d’albums des pistes excellentes, moyennes et des pistes … plus regrettables. identity est une piste qui s’écoute facilement mais qui manque cruellement d’originalité en particulier dans le répertoire d’Ayumi Hamasaki. D’autres pistes trouvent bien leur place sur un album de cette chanteuse mais sont toujours regrettables à l’image de Days. Tout ça sans parler de Curtain call … Pour faire court j’aurais préféré une reprise mal interprétée de Without You de Mariah Carey car la ressemblance est vraiment trop évidente. Sans parler des lyrics qui frôlent le ridicule… Ayumi Hamasaki avait au moins le talent d’écrire, et là elle a tout gâché, cette piste est vraiment une déception en tout point.

clef

Au final Ayumi Hamasaki brille une fois de plus par sa capacité à s’adapter à de nouveaux styles musicaux. Elle est souvent là où on ne l’attend pas malgré quelques exceptions qui confirment la règle ! NEXT LEVEL reste un bon album, original et agréable à écouter. Du côté des ventes le bilan est mitigé. Si on compare les ventes de NEXT LEVEL aux ventes des précédents albums de la chanteuse le bilan est très très très très très sombre. Si l’on compare les ventes de NEXT LEVEL aux ventes des disques des autres chanteurs nippons (ce qui est plus pertinent) le bilan est moins noire, bien que … Rien de bien extraordinaire mais rien de mauvais. NEXT LEVEL sera même en tête des ventes mondiales de disques pendant quelques jours. L’autre originalité de NEXT LEVEL c’est d’être distribué sur clef USB ! Un album qui, je l’espère, sera sans doute le pilier d’une longue carrière.

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